mercredi 22 septembre 2010

Les globes repeints - The repainted globes

  Me revoici avec des globes repeints.
  Pas entièrement, juste la peinture haute température de l'intérieur. N'oublions pas que nos jolis globes sont avant tout des réflecteurs, ils servent à orienter la lumière.

  Après l'avoir décapé et brossé, on reprend les globes. Ils sont en acier alors on va commencer par les protéger contre l'oxydation.
  Pour ça, on va utiliser un produit qui protège l'acier et prépare le globe à recevoir un traitement. J'utilise un produit de chez Owatrol, le Rustol. Vous pouvez trouver une description du produit ici. C'est une huile, appliquez la en couche très fine pour obtenir un film régulier et éviter les coulures. Et laissez sécher à l'abri de la poussière pendant 48 heures avant de peindre. Ne traitez que l'intérieur du globe, on verra l'extérieur plus tard.

  Maintenant c'est le moment de peindre. Les globes sont soumis à une forte chaleur, on aura donc besoin d'une peinture "Haute Température". Sinto produit une peinture blanche parfaite pour cet usage. On l'applique en couche fine et on retouche en cas de besoin pour obtenir une couverture complète de l'intérieur du globe. Il faut mieux appliquer des couches fines successives qu'une seule grosse couche qui va baver. Les retouches sont à faire dans un délai maxi de 30 minutes. On laisse sécher 72 heures.
  Pour obtenir un séchage définitive on va exposer le globe à une forte chaleur. Je passe mes globes au four à 150° pendant un quart d'heure. La peinture prend son aspect défintif. et voilà le résultat!


  Ah oui, j'allais oublier! Aujourd'hui on inaugure la formule bilingue...


  I am back with repainted globes.
  Not completely, just the inside high temperature high temperature. Don't forget that our attractive globes are above all reflectors, they serve to direct the light.

  After cleaning and brushing it, we take back globes. They are made of steel then we are going to begin by protecting them against the oxidation.
  We are going to use a product which protects the steel and prepares the globe to receive a treatment. I use a product from Owatrol, Rustol. You can find a description of the product here. It is an oil, apply in very fine coat to obtain a regular nondripping layer. And let dry away from dust during 48 hours before painting. Treat only the inside of the globe, we shall see the outside later.

  Now it's time for painting.

  Globes are subjected to a strong heat, we shall thus need a "High temperature" paint. Sinto produces a perfect white paint completed for this usage. We apply it in fine layers and we retouch if necessary to obtain a complete cover of the inside of the globe. It is better , if necessary, to apply successive fine layers than only big layer which is going to drool. Retouch are to be made for a maxi deadline of 30 minutes. We let dry 72 hours.
  To obtain a definitive drying we are going to expose the globe to a strong heat. I "cook" my globes in the oven 150°C (300°F) during a quarter of hour. The painting gets its definitive aspect. Et voilà le résultat!

 Today is the inauguration for the bilingual version of my blog...

mardi 21 septembre 2010

Jielde, ma philosophie: la rénovation, la transformation, les limites...

  Restaurer ou rénover un objet pose des choix, des questions, des options.
  Quand on commence à restaurer une Jielde, on a plein de choix.
  L'école la plus courante actuellement modifie énormément l'aspect originel des lampes. Les Jielde sont originellement des lampes peintes. Des lampes d'atelier conçues pour durer, pour être facilement réparées par l'utilisateur.
  Après, se posent la question du jusqu'où peut-on aller?
  Repeindre une lampe après un bon décapage, quelle que soit la couleur, correspond à l'esprit de ses lampes.
  On s'en éloigne beaucoup quand on laisse le métal visible. Ou quand on modifie l'état réel des globes.

  Il y a deux choses auxquelles je me refuse: le débosselage et le polissage type miroir.
  Le premier parce que je trouve ça au limite du sacrilège. Je vais prendre un exemple. Si on trouve une superbe Stratocaster "Blackie" de 1958, est-ce que l'on va la repeindre parce qu'elle a des éclats sur le vernis. Va-t'on la poncer parce que sa caisse a pris des coups?
  Débosseler, c'est nier son passé. La jielde est une lampe d'atelier ou d'usine, elle prend des coups, des projections en tout genre. Elle acquiert du caractère. ça lui donne une gueule...
  L'autre crime, c'est le polissage qui suit le débosselage. Polir une lampe pour enlever la rouille, c'est normal. ça fait partie du travail de restauration. Par contre la plupart des lampes portent des marques de naissance. On a très souvent des lignes circulaires qui font le tour des globes. au sommet du globe, on a aussi un petit plat. En quelque sorte le nombril de la jielde. Toutes ces marques sont liées à l'usinage qui transforme de la tole en un "bol". Toutes ces traces d'usinage et toutes ces bosses en font de vraies lampes avec une histoire. Si on veut une Jielde zéro marque, autant aller faire un tour ici et l'acheter toute neuve et numérotée...

  Par principe et par respect pour l'objet, j'arrête le polissage quand on voit apparaitre ces marques de fabrication. Et surtout j'essaie de conserver la "patine", l'usure de la lampe. Et bien sûr les bosses...

  Alors chez moi, vous ne verrez pas de lampe débosselée et "polie miroir".

  Petite précision, certains vendeurs sur le net ( eBay et le bon coin par exemple) décrivent à tort leurs lampes comme "chromées". C'est en général un polissage extrème (poli miroir) qui n'a aucun rapport avec un chromage. Le chromage étant une opération beaucoup plus complexe et nettement plus cher qu'un polissage (le polissage n'étant qu'une des nombreuses étapes d'un chromage).
  Beaucoup aussi proposent des lampes "sans bosse", dans une grande majorité de cas il s'agit de lampe débosselée. Un gros 60% de lampes débosselées, 30% de lampes qui nous sont arrivées intactes malgré l'usage, et 10% de lampes neuves issues de stock d'usine après fermeture.
  Ceci dit, si le vendeur est honnête et qu'il explique l'origine de la lampe et les réparations et modifications apportées, ça ne me pose aucun soucis. C'est comme les fausses plaques noires, vraies ou fausses, il faut juste avoir l'honnêteté de l'écrire.

  Demandez des précisions avant l'achat: est-ce que la plaque est bien celle du globe? ou bien est-ce la plaque d'un globe plus ancien posée sur un globe quasi neuf? Le globe a-t'il été débosselé? les bras ont-ils été redressés ou modifiés? L'interrupteur est-il d'origine? a-t'on remplacé l'interrupteur plastique par un métal ancien?
  Toutes les modifications qui sont faites sur une pièce change considérablement sa valeur réel. le remplacement d'une pièce par une autre ou le mélange de pièces d'une lampe à l'autre modifie aussi la valeur.
  Encore une précision sur les lampes à 5 ou 6 bras. Les plus grandes lampes que j'ai pu récupéré se composaient de 3 bras, les plus petites n'en avaient qu'un. Pour faire une lampe à 5 bras il faut deux ou trois lampes sorties d'usine ou d'atelier. Les appliques sont les "restes" de ces réassemblages.
  C'est tout pour ce soir.

Un peu d'histoire

  Je ne peux pas résister à un peu d'histoire.

  Jean-Louis Domecq, ingénieur en mécanique, ne trouvait pas une lampe qui conviennent à son activité. Alors il va la créer cette lampe idéale. C'est en Avril 1950, que la lampe voit le jour. Une lampe simple, robuste et modulable. Il n'y a pas de fil qui parcourent la lampe donc aucun risque de coupure de fil: ce sont des contacts circulaires au niveau des rotules qui assurent la continuité électrique. Les éléments peuvent facilement se compléter et se substituer. On trouve encore des lampes qui datent du début des années 50 qui fonctionnent parfaitement. Domecq passera les années 51 et 52 à créer les processus de fabrication, l'industrialisation.
  En 1953, il crée une nouvelle société, Jielde, de ses initiales Ji eL Dé. La société commercialisera la lampe du même nom. Mais les clients appelent cette lampe la "Standard".
  La lampe sera fabriqué jusqu'à maintenant. Le nom et l'utilisation de la lampe vont changer. Elle passe des ateliers et des usines aux lofts parisiens. Elle gagne encore en popularité et retrouvent dans de nombreux salons de par le monde.
  C'est après le décès de Jean-Louis Domecq, en 1983, que la lampe ressortira dans une version plus cilvilisée et rebaptisée: la Loft. Disponible dans plusieurs coloris flashy ou classqiues mais aussi en finition chrome ou brossée, elle sort au début des années 90.
  Elle sera suivie par sa fille la Signal, avec un globe plus petit. Puis par une suspension, l'Augustin. Les nouvelles séries, Loft, Signal et Augustin sont réalisées à la main et numérotées.
  La Standard a bien sûr connu des évolutions pour s'adapter aux normes et à l'évolution des matériaux et des besoins. Les interrupteurs "goutte d'eau" en métal sont devenus des interrupteurs en plastique noir par exemple.
  Contrairement à ce que certains vendeurs essaieront de faire croire, la majorité des lampes datent des années 60 et 70. Celles qui sont presque neuves avec des interrupteurs plastiques dateraient des années 80. Seules quelques rares pièces du tout début ont survécu. On les reconnait entre autre à l'étiquette, souvent verte avec une carte de France, rarement noire, et à un globe plus profond qui offre moins d'espace entre le globe et la poignée.
  Je vais me remettre au boulot, j'ai encore des globes au four.

lundi 20 septembre 2010

On attaque les globes...

  Là, je viens de terminer le nettoyage et le décapage des globes. Ils sont en acier et donc sujet à l'oxydation.
  On commence par réunir l'outillage:
-Une spatule en bois pour enlever la peinture qui va cloquer après application du décapant.
-Une baguette avec la pointe en biseau (une baguette du "Chinois" ,qu'on rectifie au cutter, fait très bien l'affaire). Elle va servir à accéder aux zone étroites.
-Un bon décapant. Je vais y revenir et vous comprendrez pourquoi.
-Une bonne paire de gant du type qu'on utilise pour manipuler les acides (gros caoutchouc). Parce que le décapant, ça brûle la peau.
-Des lunettes contre les projections.
-Paille de fer.
-Laines d'acier fine (000).
-et des feuilles d'abrasifs pour l'automobile (grain 500 et 800).

  La qualité du décapant est essentielle. La majorité des décapants noircissent l'aluminium. Sur la lampe, les rotules, le porte-douille, l'embase, le renvoi d'angle sont en alu. Si vous utilisez n'importe quelle décapant, l'alu va soit noircir, soit être attaqué.
  Mon choix s'est porté sur un produit de chez Restom, le D.V.A 4030 que vous pouvez trouver ici:
http://restom.net/chassis-cadre-restom-dva-4030-407.htm
  Mais attention, ce produit est toxique et dangereux pour l'environnement. Il faut se protéger quand on l'utilise. Et il faut aussi recycler les résidus après usage. Fournissez vous un seau en métal avec un couvercle étanche et amenez le une fois plein dans un centre de retraitement qui accepte les déchets chimiques. Lisez le mode d'emploi et respectez les précautions d'emploi.

  Donc on nettoie la pièce pour commencer: eau chaude, savon et grattoir ménager. Essorez au maximum le grattoir (pour travailler sans en mettre partout) et rincez le le plus souvent possible.

  Après on laisse sécher et on s'attaque au décapage en soit. On applique au pinceau de le décapant, on laisse agir, et on gratte à la spatule en bois. les petites zones seront grattées avec la baguette en biseau. quand on a bien gratter, on frotte avec la paille d'acier et on termine avec la laine d'acier.

  Pour le rinçage de la pièce, chiffon et acétone, et on frotte.

  Une fois le globe à nu, on va passer à l'abrasif. Le but ici n'est pas d'obtenir une surface brillante et impeccable, juste d'enlever les points de rouille et d'aplanir les aspérités.

  Le résultat est ici:


  C'est à ce moment là qu'on s'aperçoit que la lampe acheté sur le net et vendue comme "sans aucune bosse sur le globe" n'est qu'un rêve. Les bosses font partie des Jielde d'occasion et dans ce cas précis, il n'y en qu'une sur cinq qui peut prétendre au titre de "Zéro bosse". Vous avez vu aussi que les plaques les plus fragiles ou les moins bien fixées ont été retirés. On les remettra plus tard, au moment des finitions.

  Et je vais terminer pour aujourd'hui avec une dernière image. Les deux types de globes avec plaque rivetée:
- à droite les globes les plus récents. Ils sont un peu moins profonds et présente plus d'espace entre l'arceau de préhension.
- à gauche le le premier type de réflecteur, plus profond que le globe "moderne" et donc moins d'espace entre globe et poignée.
 Le premier type de globe, le plus profond, est sans aucun doute le plus rare...



  Au prochain épisode, on parlera peinture haute température.

samedi 18 septembre 2010

Chose promise, chose due. Voici quelques images de lampes. J'en ai récupéré une qui avait une couche assez uniforme de graisse et de copeaux de métal qui allait jusqu'à 6mm... J'ai passé plus de temps à la nettoyer qu'à la décaper et la polir...



  Je prépare mes feuilles d'abrasif, l'acétone, le Dremel et je reviens.

vendredi 17 septembre 2010

Les lampes Jielde

  Les lampes Jielde sont une de mes grandes passions. Je suis tombé dedans quand j'étais tout petit. Quand je suivais mon père, Artisan, d'atelier en chantier. Quand j'avais de la chance, j'avais le droit d'aller de la maison à l'atelier, je voyageais d'outils plus mystérieux les uns que les autres en machines impressionnantes. J'adorais ces visites. ce n'était qu'à 300 ou 400 mètres de la maison de mes parents mais c'était un vrai voyage. Dans un atelier de plomberie-chauffagiste-couvreur-zingueur on trouve les outils et les matériaux les plus disparates. L'ardoise d'Angers, la tuile mécanique, les rouleaux de zinc, de longues tiges de cuivre et d'acier, les débuts du PVC, des raccords en tout genre, des marteaux de toutes les formes. Et puis une machine effrayante et attirante, la fraiseuse. Elle se cachait dans un recoin sombre de l'atelier. Elle était sombre elle-même, couverte de graisse et de copeaux de métal. Et elle portait une lampe qui se tordait dans tout les sens. Un de mes jouets préférés avec le marteau et l'enclume de couvreur.

  La première Jielde que j'ai vu. Que j'ai touché. Elle avait perdu sa lentille, il n'en restait plus que le joint noir. Elle s'allumait en même temps que la machine, l'interrupteur avait été shunté. Globe cabossé. Rien de très sexy. Mais elle m'attirait comme un aimant dés que j'entrais dans l'atelier.

  Ce n'est que quelques années plus tard en cherchant une culasse pour mon AX Diesel (ma première voiture) que je suis tombé sur un tas de ces lampes chez un ferrailleur. il devait y en avoir un vingtaine. J'ai trouvé mon bonheur ce jour là: une culasse sans point de chauffe et trois lampes. Et tout ça pour le prix de la culasse que j'avais déjà bien négocié. "Débarrasses-moi donc de ces merdes" que m'avait gueulé le ferrailleur quand je lui avais demandé à combien il m'en vendrait trois.

  Avec le recul et la flambée des prix, je crois que j'aurais dû remplir mon coffre de lampes. J'aurais pas dû être aussi timide...

  C'était il y a quinze ans. C'est ce jour là que j'ai découvert un nouveau jeu: démonter et remonter des Jielde.

  La prochaine fois, je reviendrai avec des photos de lampes dans leurs jus...

lundi 14 septembre 2009

Le Laguiole de l'Artisan, Honoré Durand





Le Laguiole Honoré Durand est l'un des derniers à être fabriqué à Laguiole de façon artisanale.
C'est un souvenir de vacances et d'enfance.

Souvenir de vacances parce que je reviens de l'Aubrac. J'avais déjà mon Laguiole Honoré Durand depuis quelques mois mais j'ai fait la visite de l'atelier et du musée. J'en ai profité pour me ramener un petit étui en cuir.

Souvenir d'enfance parce que j'ai en tête le goût des quartiers de pommes coupées avec une lame en "vrai acier". L'acier carbone, je l'ai appris depuis...

Honoré Durand c'est le Laguiole comme je l'entends. Un couteau fabriqué à Laguiole en Aubrac, en Aveyron. Parce que Laguiole c'est pas en Chine ni au Pakistan. Même pas à Thiers. C'est déjà un bon signe d'avoir un couteau fabriqué par des artisans qu'on a face à soi.
Et puis c'est le choix. Le choix de l'acier de la lame, de la matière du manche, des finitions, de tout ou presque: la seule réelle limite c'est le budget...
Et puis c'est aussi le travail d'artisans couteliers. Des hommes qui détiennent un savoir faire et une tradition.
Le 1er choix à faire c'est la taille du couteau. Le mien a une lame de 11cm. J'ai de petites mains alors j'ai pris une petite taille.
Ensuite vient le nombre de pièces sur le couteau. Un Laguiole une pièce a une lame. Un deux pièces a une lame et un poinçon ou une lame et un tire-bouchon. Les premiers Laguiole ne comportaient que la lame. Ce n'est que vers 1840 qu'on rajouta le poinçon, on l'appelle aussi trocart. Puis vers 1880, le tire-bouchon fit son apparition. Le plus complet est le trois pièces, il porte lame, poinçon et tire-bouchon. J'ai pris le une pièce parce que je ne me sers pas du reste au quotidien. Je voulais un couteau simple, ce qu'on appelle couramment un EDC (Every Day Carry). Un petit couteau pliant léger et pratique.
Après, le choix de l'acier, le 12C67 ou le XC75. Le premier est inoxydable, le second "rouille" ou plus précisément noircit. Encore une fois, j'ai fait le choix du souvenir, alors lame en acier carbone XC75.
Les matières dont on fait les manches sont nombreuses, du bois à l'ivoire en passant par l'os, l'aluminium et la corne. J'ai fait le choix de la corne mais pas n'importe laquelle, la pointe de corne. la partie pleine de la corne, celle qui est vraiment solide et résistante.
Alors j'ai maintenant mon très beau Laguiole issue de la gamme prestige: lame en acier carbone XC75, deux mitres en laiton, abeille forgée massive (on voit même ses antennes...), manche en pointe de corne.
J'ai profité de ma semaine de vacances en Aveyron pour le prendre en photo dans son "habitat naturel", dans un sous-bois d'Estaing.
Alors voici mes images. Dites-moi ce que vous en pensez et laissez vos commentaires.
à bientôt pour une nouvelle lame.